13/03/2012
La vidéo la plus virale de l'histoire vient d'une ONG
Qui n'a pas entendu parler de Kony 2012 ? En 6 jours, la vidéo dénonçant le leader de la milice LRA a comptabilisé 100 millions de vues. Devenant la vidéo la plus virale de l'histoire d'internet, devançant la performance de Susan Boyle, mais aussi les clips de Lady Gaga ou Justin Bieber, soutenus par une armada d'agences de communication.
A l'origine Kony 2012, pas de multinationale, de budget pharaonique ou de star. Une simple ONG américaine, Invisible Children, qui se bat pour le sort des enfants soldats.
Dans cette vidéo, elle pointe du doigt les méfaits de Joseph Kony, chef de l'Armée de Résistance du Seigneur qui enrôle de force des enfants dans sa milice. Son objectif : faire de ce personnage méconnu du grand public une célébrité, afin de faire pression sur les autorités internationales et obtenir, d'ici la fin de l'année, son arrestation.
Regardez la vidéo Kony 2012 :
Un pari risqué
Cette vidéo, comme de nombreuses campagnes online d'ONG, avait de quoi échouer, pour plusieurs raisons :
- Sa durée. 30 minutes, c'est plus qu'il n'en faut pour décourager bon nombre d'internautes, adeptes du zapping, pressés, qui renoncent souvent aux vidéos dépassant quatre ou cinq minutes
- Son sujet. Personne (ou presque) ne connaît Joseph Kony, et la cause des enfants soldats est loin de faire la une des médias. La thématique paraissait peu mobilisatrice.
- Son origine. Contrairement aux prestations de Susan Boyle, Lady Gaga ou Justin Bieber, les ONG "n'envoient pas du rêve". Sujets difficiles, parfois culpabilisants, leurs vidéos ne sont pas énormément relayées - à l'exception de grandes organisations telles que Greenpeace, au système de communication bien rôdé.
Les clés du succès
Et pourtant, Invisible Children a explosé les compteurs. Plus de 100 millions de vues, toutes plateformes comprises. Un succès dû à plusieurs facteurs :
- Un storytelling à l'américaine. Extrêmement bien menée, la vidéo captive et émeut l'internaute avec efficacité. Le narrateur n'hésite pas à impliquer son fils, jolie tête blonde à laquelle les spectateurs occidentaux sont supposés s'identifier. Grandes musiques, effets spéciaux, mise en scène quasi spectaculaire... Ce qui plaît visiblement beaucoup, mais amène aussi ses détracteurs à la considérer comme une vidéo digne des pires propagandes.
- Un message positif. Loin des vidéos dramatiques, larmoyantes et culpabilisantes de certaines ONG, Kony 2012 réussit, malgré ce qu'elle dénonce, à délivrer un message positif, rempli d'espoir. On en revient au storytelling à l'américaine avec son indispensable happy end.
- Un appel à l'action. En terminant la vidéo, l'internaute ne se sent pas inutile et sait précisément ce qu'il peut faire pour changer les choses. Aussi simplement qu'en partageant la vidéo. Chacun peut devenir acteur de l'histoire en quelques clics. Dans les campagnes traditionnelles des ONG, on propose aux internautes de partager le message, à défaut de pouvoir faire mieux (donner, devenir volontaire, etc). Ici, le partage du message est le coeur du combat de l'ONG. Le geste le plus important que puisse faire l'internaute pour capturer Joseph Kony n'est pas de donner, ni de se rendre sur le terrain, mais de cliquer.
Les polémiques ont beau aller de bon train, l'ONG a réussi une grande partie de sa mission : faire connaître Joseph Kony et ses méfaits. Grâce aux nouvelles technologies, Invisible Children a réussi à s'imposer dans l'agenda médiatique... et bientôt politique ?
13:08
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| Tags : joseph kony, kony 2012, ong, vidéo, enfants soldats, invisible children |
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10/02/2012
Dernière initiative (décevante) de Super-Google
Google veut sauver le monde : ce n'est pas nouveau. Après avoir publié ses dons et obtenu la première place du classement de Greenpeace sur les entreprises high-tech les plus écolo, Google vient d'annoncer le lancement d'un nouveau service pour changer le monde. Solve for x, une sorte de forum vidéo où l'on tente de résoudre les grands problèmes de la planète.
Tout le monde peut proposer ses idées pour peu qu'elles remplissent trois critères :
- S'attaquer à un "gros" problème
- Proposer une solution "radicale"
- Impliquer une innovation technologique
Le but affiché est de donner de la voix aux idées apparemment tordues, peu prises au sérieux, nichées "dans la zone grise, entre les projets audacieux et la science fiction", selon les termes de Google.
Un mauvais pastiche de TED
On y retrouve par exemple un ancien militaire qui a trouvé le moyen de désaliniser l'eau avec dix fois moins de ressources nécessaires qu'actuellement. Ou encore une chef d'entreprise qui affirme qu'il sera bientôt possible d'afficher les images que nous avons en tête.
Bref, des intervention en vidéo aussi fascinantes qu'enrichissantes, qui durent entre 10 et 20 minutes... Mais... Ca ne vous rappelle rien ? Si bien sûr : les conférences TED, qui excellent dans le registre du partage du savoir par vidéos interposées.
Seulement, Solve for x a encore du chemin à faire pour arriver à la cheville de TED : les vidéos sont uniquement en anglais, sans aucun sous-titre et la (non) mise en scène rend la chose relativement soporifique.
Quelle concrétisation ?
On est aussi un peu déçu que Google ne s'implique pas davantage dans les projets présentés. On propose un TED au rabais, certes, mais encore ? A part de la visibilité, les projets sélectionnés ne remportent ni bourse, ni échange de compétences, ni rien de vraiment concret pour faire avancer le schmilblick.
On en vient presque à préférer le projet marketing de Toyota Ideas for good, qui encourageait les internautes à trouver de nouvelles utilisations aux technologies de la marque, pouvant améliorer la société. Les gagnants voyaient ensuite leurs idées se concrétiser.
Les idées non-orthodoxes ont la cote
Seule originalité vraiment enthousiasmante de Solve for x : l'accent mis sur les initiatives originales, qui ne trouveraient peut-être pas d'écho ailleurs. Mais là encore, Google a été devancé. Et pas par n'importe qui... par la fondation Gates et son Grand Challenges in Global Health, un concours d'idées "non-orthodoxes" pour régler les grands problèmes sanitaires de la planète. A la clé, 100 millions de dollars pour les mettre en oeuvre. Parmi les projets "bizarres" soutenus, la recherche sur l'urine-tricity, une énergie durable à base d'urine.
On attend donc de voir ce que donnera, dans les mois à venir, Solve for x, et quels problèmes il contribuera, concrètement, à résoudre. Mais en attendant de trouver une solution aux grands problèmes connus du monde moderne, il semblerait que Google soit en train de créer ceux de l'avenir. En annonçant la fusion des données des utilisateurs de ses différents services, et en proposant de l'argent aux internautes contre le traçage de leurs actions en ligne, Google s'approprie chaque jour davantage notre vie privée. Et sa préservation s'annonce peut-être comme l'un des enjeux les plus importants de ce siècle.
17:47
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30/12/2011
Le meilleur de la tech solidaire - 30.12.11
Quelques infos tech et solidaires glanées sur le web ces derniers jours.
LES ONG veulent rembourser l'argent piraté par Anonymous
Le collectif de hackers Anonymous s'en est pris récemment à l'entreprise de sécurité américaine Strategic Forecasting. En piratant ses données, Anonymous a volé les informations bancaires de ses clients et en a profité pour donner une partie de leur argent à des ONG comme Care, Save the Children ou encore la Croix Rouge. Plusieurs de ces organisations ont promis de rembourser les donateurs involontaires.
> A lire sur Philanthropy News Digest
#XmasAtHome
Noël n'est pas un moment joyeux pour tout le monde. C'est autour de quelques témoignages allant dans ce sens sur Twitter qu'est né, quelques jours avant Noël, le fil de discussion #XmasAtHome. Ce sujet est devenu rapidement l'un des plus populaires du réseau social, notamment en Angleterre et en Australie, où chacun pouvait échanger sur son expérience ou transmettre des mots de réconfort. Certains ont même proposé d'inviter des inconnus de Twitter à partager leur réveillon. Un semblant de lien social pour rendre la période de Noël moins difficile.
> A lire sur The Sydney Morning Herald
Donner directement aux familles dans le besoin
Le site GiveLocally permet aux Américains de venir en aide à des familles en difficulté. Sur ce site, à l'allure encore artisanale, on peut découvrir l'histoire de plusieurs familles, accompagnées de photos et d'informations sur ce dont elles manquent. A Palo Alto par exemple, Janice H. a dû récupérer la garde de ses deux petits enfants, qui souffrent de problèmes de santé. Elle a besoin de 4.000 $ pour payer, entre autres, les frais médicaux. Les internautes lui ont déjà donné 1.500 $. Chaque histoire publiée est minutieusement vérifiée par l'équipe de GiveLocally, qui récupère 18% des dons. Le site est une entreprise à but lucratif assumé, mais au bout d'un an d'existence, le succès est encore relatif avec 850 dons en tout pour environ 200 familles.
> A lire sur USA Today
Un Groupon de la solidarité
The Mutual est un site de bons plans ressemblant à Groupon, basé sur un système de dons à des organisations caritatives. Pour accéder aux offres, il faut payer une inscription de 10 $ par mois, dont 8 $ sont reversés à des ONG. L'internaute a ensuite accès à une série de bons plans, comme des bons de réduction au restaurant ou un rendez-vous gratuit d'une demi-heure avec un designer.
> A lire sur Fast Co.Exist
Des vidéos maison pour la bonne cause
Le Project for Awesome incitait les internautes à fabriquer une vidéo pour encourager leurs amis à donner à des ONG. L'objectif : atteindre 65.000 $ de dons en deux jours, les 17 et 18 décembre. Ce fut un succès, puisque plus de 71.000 $ ont finalement été récoltés. Les internautes devaient aussi voter pour leur cause préférée. Les cinq les plus populaires obtiendront chacune 20% de la somme récoltée.
> A lire sur le Huffington Post
16:03
Publié dans Don en ligne, Hack, Réseaux sociaux |
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