13/02/2014

Le don sur mobile pour les sans-abri, la fausse bonne idée de Handup

San Francisco n’est pas seulement la capitale des start-up et des success stories. La pauvreté y est répandue et les sans-abri nombreux. Mais il arrive parfois que ces deux mondes se rapprochent. C’est ce qui s’est passé quand Rose Broome et Zac Witt ont eu l’idée de créer Handup, un service permettant de faire des dons directs, par mobile, aux SDF.

handup,sdf,sans-abri,crowdsourcingLe principe : donner directement à un sans-abri, tout en s’assurant que son argent soit dépensé “utilement”. Comment ? Concrètement, les SDF doivent être membres de Handup. Ils disposent alors d'un profil sur le site, avec photographie, qui les présente, raconte leur histoire et précise leurs besoins. Adam, par exemple, a besoin de soins dentaires et de payer sa facture téléphonique. Kimberley, quant à elle, demande des habits pour elle et son fils, ainsi que des jouets et des fournitures scolaires. Chacun dispose de “cartes de visite” qu’il peut donner aux personnes voulant les aider, afin qu’elles puissent se connecter à leur profil Handup pour leur faire un don. 100% de la somme leur est reversée, mais pas sous forme d’argent : Handup leur fournit directement ce dont ils ont besoin.

Le service, toujours en phase d’expérimentation, concerne actuellement une centaine de SDF vivant à San Francisco. Et il n’est pas sans poser de questions. Pourquoi ne pas se contenter de donner directement à un sans-abri ? Ne risque-t-on pas d’isoler encore plus les personnes en difficulté en les aidant “à distance” ? Sans compter que Handup semble considérer que les SDF ne sont pas suffisamment responsables pour dépenser convenablement leur argent. Ou que les donateurs n’ont pas confiance dans les personnes qu’ils souhaitent aider... Pas sûr, donc, que le public adhère. Qu'il s'agisse des donateurs, mais aussi, et surtout, des premiers concernés : les sans-abri.

22/04/2013

Emmaüs lance un programme d'accès au web pour les sans-logis

Après avoir mis au point un programme de téléphonie solidaire, Emmaüs va plus loin en lançant un programme d'accès à internet pour les plus démunis. "Notre première cible concerne les personnes en situation de précarité, notamment celles qui n'ont pas de logement fixe, qui vivent dans des centres d'hébergement ou des hôtels", explique Margault Phélip, responsable du programme Connexions Solidaires, qui rassemble désormais la téléphonie et internet.

En général, les personnes en situation instable "se débrouillent par-ci par-là, essayant de capter du wifi dans les MacDo". Impossible pour elles de se procurer une "box" ou de souscrire à un forfait 3G - certaines personnes n'ont ni carte bleue ni compte bancaire. Et quand bien même : la plupart de ces offres restent trop onéreuses. Il fallait donc trouver un moyen de proposer une connexion mobile, bon-marché, sans engagement et ne nécessitant pas de compte bancaire.

Cartes prépayées

La solution a été trouvée avec SFR, déjà partenaire du programme de téléphonie solidaire. "Nous fournissons des sortes de mini-box mobiles, qui captent la 3G et la transforment en wifi pour trois à cinq ordinateurs", détaille Margault Phélip. Ce petit boîtier se recharge avec une carte prépayée vendue 5 euros pour 2 Go aux bénéficiaires du programme, contre 30 euros en boutique. SFR fournit gratuitement les cartes à Emmaüs.

Ce programme devrait faciliter le quotidien des personnes en situation de précarité. "La société se numérise tellement que vous êtes pénalisés si vous n'avez pas internet. C'est important pour les démarches administratives, la santé, l'emploi, mais aussi pour les loisirs et le lien avec la famille", souligne Margault Phélip.

En phase d'expérimentation, le programme devrait dans un premier temps toucher une quarantaine de personnes. Il ne compte d'ailleurs pas se limiter à la connexion à internet. D'ici juin, Emmaüs Défi espère pouvoir fournir des ordinateurs pour 100 euros à ses bénéficiaires, et souhaite aussi accompagner ceux qui en ont besoin dans l'apprentissage d'internet.

27/03/2012

Une application pour accompagner les sans-abri

Pas toujours évident pour les sans-abri de s'y retrouver dans les différents services d'aide proposés. C'est pour cela qu'est née Sheltr, une application mobile permettant de repérer les centres d'accueil et de distribution de nourriture les plus proches. Bien sûr, peu de SDF pourront s'en servir par eux-mêmes, mais les passants équipés seront en mesure de les accompagner aux services souhaités.

L'application ne fonctionne pour l'instant qu'à Philadelphie, la ville où elle a vu le jour. Pour la petite histoire, Sheltr est née en décembre dernier lors d'un Random Hacks of Kindness. Ces événements rassemblent plusieurs fois par an des hackers de tous horizons pour inventer des outils solidaires.

Shelter est donc relativement artisanal pour le moment, mais se développe petit à petit et compte bien s'attaquer rapidement à d'autres villes, voire d'autres pays.

Pendant ce temps là, d'autres espèrent aider les sans-abri en les transformant en bornes WiFi. La polémique aura au moins eu l'intérêt d'attirer l'attention sur le sort des sans-abris et leur place dans la société.

21/03/2012

Quatre QR codes insolites et solidaires

Les ONG rivalisent d'originalité pour récolter des dons. Depuis son invention, le QR code fait partie de leurs nouveaux outils, qu'elles utilisent parfois de façon... surprenante.

Le QR code SDF

Pour attirer l'attention sur le sort des sans-abri, l'association britannique Simon on the Streets a imprimé des QR codes sur des cartons. Elle les a ensuite disposés dans des rues, ajoutant des petits tas d'affaires semblant appartenir à des SDF.

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Quand les passants scannaient le code, ils étaient invités à faire un don à l'association. Cet hiver, plus de 1.400 livres ont été récoltées de cette manière.

Le Q'haircut

Difficile de rendre visible son QR code d'appel au don au milieu des multitudes d'affiches, souvent publicitaires, qui en proposent. Qu'à cela ne tienne, l'ONG OnexOne, qui se bat pour les droits des enfants, a trouvé un autre "panneau" pour faire connaître son action : la tête de ses militants.

 

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Les volontaires ont accepté de se faire couper les cheveux... en forme de QR code, qui permettait de faire un don à l'ONG.

Le cul R code

Pas sûr qu'au moment de sortir le préservatif, ses utilisateurs aient vraiment envie de scanner son QR code... Mais qu'importe, l'initiative est amusante. L'ONG Planned Parenthood of the Great Northwest est à l'origine de ces 55.000 préservatifs, distribués à des étudiants de la région de Washington. Une fois le code scanné, l'utilisateur est incité à enregistrer sa localisation sur le site WhereDidYouWearIt.com.

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Au final, une carte permet de voir où les participants ont utilisé un préservatif. "Il y a des rapports protégés, découvrez où", "soyez fiers de porter un préservatif !" sont quelques unes des phrases présentes sur le site, visant à banaliser et encourager cette pratique.

Le QR code glacé

La branche néerlandaise de WWF a eu la simple mais bonne idée "d'imprimer" un QR code sur une rivière gelée, en plein Amsterdam. Le message est clair : une sensibilisation au changement climatique, imagé avec la disparition du QR code au fil des jours et du réchauffement des températures. Le code renvoyait simplement vers la page de l'organisation.

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Ces initiatives sont certes originales, mais loin d'être très efficaces. L'utilisation des QR codes est encore peu répandue, et encore moins parmi les donateurs traditionnels, comme les femmes ou les personnes âgées. D'autres technologies sont déjà en cours de création pour remplacer les QR codes. Nul doute que les ONG sauront s'en emparer. Avec plus ou moins de sérieux.

21/01/2012

Le meilleur de la tech solidaire - 21.01.12

En vrac, pépites tech et éthiques glanées cette semaine sur le web.

Le don en ligne stagne en France
La deuxième étude annuelle sur le don en ligne, publiée par l'agence Limite, montre que les e-dons sont passés de 23% en 2010 à 21% en 2011. Une légère baisse attribuée au contexte économique actuel. L'étude montre aussi que, contrairement aux idées reçues, les seniors sont les premiers donateurs en ligne, avec les mères de famille.
> A lire sur Youphil

Un Tamagochi anti-OGM
La section chinoise de Greenpeace a lancé NoGeMo, un jeu pour iPhone type Tamagochi. Il faut nourrir l'animal pour le faire grandir, mais pas n'importe comment ! Le joueur doit choisir les aliments parmi 400 marques réelles répertoriées dans le jeu. Et si ce que vous lui donnez à manger contient des OGM, alors NoGeMo se fâche. Une façon de sensibiliser les Chinois aux produits qui les entourent et à la problématique des ONG, très présents dans ce pays.
> A lire sur Fast.Co.Exist

Comment les sans-abri se sont approprié le mobile
L'excellent blog de Rue89, Chez Francis, consacré aux SDF, explique avec de nombreux témoignages comment le télépone portable est devenu un outil indispensable aux sans-abri. Il permet de garder un lien avec sa famille, de se tenir informé en écoutant la radio, d'obtenir des informations qui nécessitaient, auparavant, de se déplacer longuement. Grâce au portable, il est aussi possible d'être contacté par des associations, de saisir des opportunités comme un job qui se libère.
> A lire Chez Francis

Le blocage de Megaupload, de vrais enjeux éthiques
Le FBI américain a bloqué le site de stockage de données Megaupload, qui permettait, entre autres, de télécharger illégalement des films et des séries. Le collectif de hackers Anonymous a vivement répliqué, en piratant de nombreux sites.
Le blocage, sans préavis et surtout sans aucun procès, pose de réelles questions éthiques. Qui a réellement la main mise sur les sites internet ? A qui appartient internet ? A quel moment le contenu d'un site devient-il censurable sans décision de justice ?
S'il paraît évident que certains contenus sont illégaux (téléchargement d'oeuvres payantes, pédophilie...), qu'en est-il d'autres types de contenus ? On peut se demander, par exemple, ce que risquent potentiellement des sites relayant les messages d'Anonymous ou encore les site du réseau #Occupy... A méditer.
> A lire, le point de vue de Jeremie Zimmermann, de la Quadrature du Net