26/04/2012

Greenpeace s'attaque au cloud, Apple en ligne de mire

Doublement du chiffre d'affaires, augmentation des ventes d'iPhone et de tablettes... Malgré la mort de son fondateur, Apple affiche une santé insolente, qui fait grincer quelques dents. Et pas seulement celles de la concurrence.

L'ONG Greenpeace vient d'en faire sa nouvelle cible. En ligne de mire : l'iCloud, espace de stockage des données personnelles, qui requiert d'immenses et gourmands data centers. Lancé en grande pompe en octobre dernier, ce service fonctionne en effet... au charbon.

Inacceptable, selon Greenpeace, qui regrette qu'une entreprise à la pointe de l'innovation comme Apple ne s'intéresse pas plus aux nouvelles énergies.

Regardez le spot de Greenpeace pariodiant les publicités d'Apple :

Apple n'est pas la seule visée. L'ONG critique aussi Microsoft et Amazon, qui n'investissent pas suffisamment dans les énergies propres pour entretenir leurs clouds.

"Certains data centers consomment autant d’électricité que 250 000 foyers européens", affirme Greenpace. "Si le cloud était un pays, il se classerait au 5e rang mondial en termes de demande en électricité, et ses besoins devraient être multipliés par trois d’ici à 2020".

148.000 mails envoyés aux PDG

Dans un rapport, l'ONG détaille la politique énergétique d'une quinzaine de grandes entreprises high tech. On y apprend que 15,3% de l'énergie utilisée par Apple est propre, 13,5% pour Amazon et 15,9% pour Microsoft. Des chiffres certes prometteurs, mais incomparables avec ceux de Yahoo! (56,4%), de Google (39,4%), ou encore de Facebook, 36,4%, qui a d'ailleurs signé un partenariat avec Greenpeace.

Pour faire pression, Greenpeace invite les internautes à écrire aux PDG d'Apple, de Microsoft et d'Amazon. Objectif : 200.000 mails. 148.000 ont déjà été envoyés.

17/02/2012

Hackers et ONG : la difficile rencontre

La médiatisation récente des hacktivistes, notamment avec les coups d'éclat d'Anonymous et l'implication de nombreux hackers dans les révolutions arabes, a fait émerger la question de leurs relations avec les ONG. Beaucoup de hackers et d'ONG se battent pour les mêmes idées, mais avec des outils différents. L'agence Limite a eu la bonne idée de les réunir mercredi, lors d'une conférence de la Social Media Week, pour entamer la réflexion autour de cette question, encore peu traitée.

Concrètement, où en est-on ? Pas très loin... Issus de deux cultures différentes, ces deux mondes ont du mal à communiquer.

D'un côté, les ONG : ce sont de véritables institutions avec un sens traditionnel du militantisme, l'habitude d'actions IRL ou, plus précisément, AFK. Leurs compétences techniques sont limitées, elles se sont intéressées tard au web et les plus avancées ont récemment investi les réseaux sociaux. Leur utilisation n'a donc rien à voir avec le hacking qui consiste, comme l'a rappelé Nicolas Danet de Limite, "à bidouiller, détourner un outil par rapport à l'usage qui lui était initialement destiné".

De l'autre, les hacktivistes : il s'agit d'un mouvement plus jeune, souvent issu d'une génération plus axée vers l'engagement individuel et ponctuel. Ils disposent de capacité technique importante dans des domaines non explorés des ONG. Ils ont investi, ces dernières années, cet espace d'engagement et d'action militante laissé vide par les ONG.

De nombreux points communs

Parallèlement, ONG et hackers se ressemblent sur de nombreux points, énumérés par Clémence Lerondeau, Social Media Manager chez Greenpeace :

- Le détournement d'outils, en les libérant de leur usage initial. Les ONG sont habituées à hacker le monde. "Quand des hackers attaquent un site, ils attaquent la façade de communication de l'entreprise. C'est la même chose que fait Greenpeace en affichant des bannières géantes sur le siège de Matter ou de Wolkswagen".
- L'aspect communautaire, qui permet une circulation de l'information accélérée et l'entraide
- L'éthique, qui se retrouve dans le Hacker Manifesto et des combats similaires, notamment sur la liberté de réfléchir, de dire et d'agir.
- La faculté de désobéissance civile, comme l'a souligné Nicolas Diaz, webmaster à la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH).

Et pourtant, la rencontre reste difficile. S'il est arrivé, exceptionnellement, à des hackers de tendre la main aux ONG (comme quand Anonymous avait volé de l'argent au profit d'ONG), l'inverse est aussi rare. Dans les deux cas, des blocages persistent.


Ce qui bloque du côté des ONG :

- La peur. Les hackers font l'objet d'une propagande politique et médiatique les assimilant à des pirates, des voleurs, des hors-la-loi, voire même des terroristes. Les hackers font peur. Et ce à cause de leur anonymat, du pouvoir dont ils disposent par leurs connaissances rares, et parce qu'ils paraissent incontrôlables. Et depuis peu, ils ont même l'outrecuidance de faire parler d'eux ! Face à eux, les ONG, qui se sont "convenabilisées" au fil du temps et sont devenues des acteurs "légitimes" de la démocratie et du débat public. S'associer avec des hackers risquerait de brouiller leur image.

- Le statut légal des ONG. Comme l'explique Clémence Lerondeau de Greenpeace, "quand on fait des actions illégales, on essaie de limiter les risques car nous sommes une organisation, nous sommes attaquables, nous pouvons nous retrouver devant les tribunaux et payer des amendes". Les groupes de hackers, eux, n'ont pas d'entité légale même s'ils peuvent , individuellement, faire l'objet de poursuites.

- La lourdeur des ONG. Kevin Clech, community manager à la Croix-Rouge, regrette de ne pas avoir assez d'interactions avec les hackers. "C'est lié à l'ADN de la Croix-Rouge, qui est parfois comme une vieille mamie, difficile à bouger". En cause : la professionnalisation de l'organisation, qui a fait disparaître la culture du bidouillage. "On a des pratiques très réglées, qui laissent peu de place à l'improvisation. Et les membres ne voient pas tout de suite l'application directe des nouvelles technologies.


Ce qui bloque du côté des hackers :

Okhin, "agent" du groupe de hackers Telecomix, a donné son point de vue sur la question, précisant qu'il ne parlait pas au nom des autres : "je ne sais pas comment font les hackers. Je ne sais que comment je fais moi". Pour lui, deux principaux problèmes freinent sa coopération avec les ONG.

- La bureaucratie. C'est "une lourdeur pachydermique, paralysante", là où Telecomix "n'a ni réunion, ni chef de projet. Quand on veut faire quelque chose, on le fait !". Certains projets, lancés avec des ONG, n'ont finalement jamais vu le jour à cause de la lenteur des procédures administratives. "Nous, quand on a une idée, on y va. On ne sait pas toujours où, mais on y va." Qui plus est, les hackers de Telecomix sont habitués à travailler d'individu à individu et non de groupe à groupe. "On ne travaille pas avec Médecins du Monde par exemple, parce que c'est trop gros", explique Okhin. "Mais on n'a pas besoin d'être une structure super lourde pour emmerder Bachar el-Assad !".

- L'opacité. Les ONG ont beau faire des efforts pour être les plus transparentes possible, cela n'est pas toujours suffisant. "En général nous ne sommes en contact qu'avec très peu de personnes. On ne sait pas comment l'organisation fonctionne, par qui elle est financée. Par exemple, une ONG veut travailler avec nous et accepte de nous prêter un serveur. Mais il faut qu'elle demande une subvention. D'accord, mais à qui ? A l'Europe... qui est actuellement en train de voter ACTA." Telecomix n'a pas à gérer, contrairement aux ONG, "toutes ces problématiques de financement et de légitimité".

Un rapprochement pas à pas

Malgré tous ces obstacles, les choses commencent doucement à bouger. A Greenpeace, "on en débat beaucoup, notamment des attaques Ddos", affirme Clémence Lerondeau. "Peut-être que dans quelques années, Greenpeace va évoluer. C'est en tout cas un débat très chaud actuellement au sein des bureaux."

Certaines antennes de l'ONG se sont en tout cas ralliées récemment au blackout visant à protester contre la loi SOPA.

L'ONG Avaaz a quant à elle transmis des kits de connexion aux révolutionnaires des pays arabes afin qu'ils puissent continuer à recevoir et transmettre des informations. Enfin, RSF coopère avec Telecomix, notamment pour dupliquer les sites de médias censurés par les dicatures.

L'ONG, ainsi que la FIDH, organisent également des formations avec Telecomix pour que les utilisateurs apprennent à connaître et à déconstruire les outils qu'ils utilisent. Pour Nicolas Diaz, de la FIDH, "le hacking, c'est l'utilisateur qui lutte contre l'opacité de ses outils. Il pourra ensuite, en les maîtrisant, les détourner pour la défense des droits humains."

Car le véritable enjeu est là. Pour ne pas être l'esclave des outils et de ceux qui les concoivent, il faut apprendre à les connaître, à les choisir, les déconstruire, les recréer, bref, les hacker. C'est la condition sine qua non à la liberté en ligne.

"Et là", prévient Nicolas Diaz, "nous sommes très loin de l'agence de communication qu'est Anonymous, nous faisons un véritable travail de terrain".

> Lire aussi le compte-rendu de la conférence par l'agence Limite

09:29 Publié dans Hack | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ong, hacktivisme, greenpeace, fidh, croix-rouge, telecomix, limite | |  Facebook

18/12/2011

Greenpeace s'allie avec Facebook

L'annonce a de quoi surprendre. Facebook et Greenpeace étaient, jusqu'ici, loin d'être de bons amis. L'ONG s'était attaquée au réseau social il a plus d'un an, lui reprochant d'utiliser de l'énergie issue du charbon. Une campagne qui avait fait le tour de la planète, notamment grâce à... Facebook, où Greenpeace avait réussi à obtenir des centaines de milliers de soutiens pour cette cause.

Depuis, Facebook et Greenpeace ont fait la paix et viennent d'annoncer leur partenariat dans un communiqué commun (PDF). L'entreprise américaine s'engage à devenir plus verte, avec l'aide de l'ONG. Facebook devra notamment faire en sorte que ses fournisseurs d'énergie soient plus propres et de s'équiper de façon plus durable.

De son côté, Greenpeace s'engage à rejoindre l'Open Compute project, lancé il y a quelques mois par Facebook. Le concept : réinventer les centres de données afin qu'ils consomment moins d'énergie. Les découvertes de ce centre de recherche seront ouvertes à tous. Greenpeace aura pour rôle d'inciter d'autres entreprises à rejoindre le projet.

Une belle prise pour Facebook, très critiquée par les défenseurs de la protection des données privées, qui cherche à redorer son image depuis quelques mois. Il y a un an, Mark Zuckerberg s'était soudainement mis à la philanthropie, en donnant 100 millions de dollars à des écoles publiques. Il a aussi promis de donner au moins la moitié de sa fortune à des oeuvres de charité, dans le cadre du Giving Pledge, lancé par Bill Gates et Warren Buffet.

14:52 Publié dans Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : facebook, greenpeace, environnement | |  Facebook