12/03/2012
La Croix-Rouge lance un centre dédié aux réseaux sociaux
La Croix-Rouge américaine va désormais traquer, en période de catastrophe, tweets, statuts Facebook et vidéos Youtube pour améliorer l'efficacité de son aide.
Avec Dell, l'ONG a mis en place dans son QG de Washington un "Digital Operation Center" chargé de scruter les réseaux sociaux et de localiser les victimes de désastres. La Croix-Rouge espère ainsi être en mesure de répondre plus efficacement à leurs besoins, en envoyant des équipes à des endroits précis, avec le matériel et les denrées réellement nécessaires.
Elle compte aussi être en mesure de leur fournir des conseils à distance : comment se protéger, quels gestes éviter, où trouver de la nourriture...
Regardez la présentation du Digital Operation Center :
Des bénévoles pourront d'ailleurs participer à l'opération en échangeant individuellement, au nom de l'ONG, aux demandes précises des victimes connectées.
Mais pour le moment, "nous n'en sommes pas au point de pouvoir dire aux gens que s'ils envoient un tweet à la Croix-Rouge, nous leur enverrons un sandwich" a expliqué Wendy Harman, directrice des stratégies numériques, au magazine Mashable. "Mais si nous voyons 20 tweets similaires passer, ce serait possible".
L'expérimentation se veut donc encore modeste. Le centre ne fonctionnera qu'en cas de catastrophe naturelle aux Etats-Unis, mais si le dispositif fonctionne, il pourrait s'étendre dans le temps et l'espace.
14:57
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18/02/2012
Un marathon du jeu vidéo en direct, pour la bonne cause !
60 heures pour créer un jeu vidéo : c'est le défi que s'est lancé la petite équipe de développeurs de Mojang, à l'origine de l'excellent et révolutionnaire Minecraft.
Un week-end de geekerie intensive au profit de quatre ONG, puisque l'opération vise à collecter des dons pour Child's play, Charity:Water, l'Electronic Frontier Foundation et la Croix-Rouge Américaine.
Déjà 220.000 dollars récoltés
Pour y parvenir, Mojang offrira le jeu à ceux qui le veulent en échange d'un don. A l'heure de publication de ce billet, près de 220.000 dollars ont déjà été récoltés. Plus de 38.000 personnes ont donné, l'un d'eux a même payé 2.000 dollars !
Et il faut dire que Mojang a tout fait pour attirer l'attention. Durant ce week-end, l'équipe est filmée en non-stop en train de réaliser son jeu. L'occasion pour les fans d'apprécier en live l'ambiance de cette start-up où les studieux développeurs travaillent en musique, au milieu des posters de Minecraft et des cadavres de bouteilles. En se livrant parfois à de curieux happenings devant la caméra ou sur Twitter.
Deux membres de l'équipe avaient par exemple promis de s'écrire mutuellement sur le visage au marqueur quand les 150.000 dollars seraient atteints...
live-stream et sondages
Pour préparer le week-end, Mojang avait aussi lancé un sondage pour que les internautes choisissent le genre et l'univers du jeu. En prévenant d'avance : "Les résultats ayant obtenu le plus et le moins de vote seront combinés". Un défi plus qu'audacieux, puisqu'on voit mal comment Mojang va réussir à concilier Shoot 'em up et jeu de stratégie en temps réel... le tout dans un univers mêlant steampunk et Egypte antique !
Du coup, on a très, très envie de voir le résultat. Et de faire, au passage, la bonne action du week-end.
La vidéo d'annonce de l'opération :
14:20
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17/02/2012
Hackers et ONG : la difficile rencontre
La médiatisation récente des hacktivistes, notamment avec les coups d'éclat d'Anonymous et l'implication de nombreux hackers dans les révolutions arabes, a fait émerger la question de leurs relations avec les ONG. Beaucoup de hackers et d'ONG se battent pour les mêmes idées, mais avec des outils différents. L'agence Limite a eu la bonne idée de les réunir mercredi, lors d'une conférence de la Social Media Week, pour entamer la réflexion autour de cette question, encore peu traitée.
Concrètement, où en est-on ? Pas très loin... Issus de deux cultures différentes, ces deux mondes ont du mal à communiquer.
D'un côté, les ONG : ce sont de véritables institutions avec un sens traditionnel du militantisme, l'habitude d'actions IRL ou, plus précisément, AFK. Leurs compétences techniques sont limitées, elles se sont intéressées tard au web et les plus avancées ont récemment investi les réseaux sociaux. Leur utilisation n'a donc rien à voir avec le hacking qui consiste, comme l'a rappelé Nicolas Danet de Limite, "à bidouiller, détourner un outil par rapport à l'usage qui lui était initialement destiné".
De l'autre, les hacktivistes : il s'agit d'un mouvement plus jeune, souvent issu d'une génération plus axée vers l'engagement individuel et ponctuel. Ils disposent de capacité technique importante dans des domaines non explorés des ONG. Ils ont investi, ces dernières années, cet espace d'engagement et d'action militante laissé vide par les ONG.
De nombreux points communs
Parallèlement, ONG et hackers se ressemblent sur de nombreux points, énumérés par Clémence Lerondeau, Social Media Manager chez Greenpeace :
- Le détournement d'outils, en les libérant de leur usage initial. Les ONG sont habituées à hacker le monde. "Quand des hackers attaquent un site, ils attaquent la façade de communication de l'entreprise. C'est la même chose que fait Greenpeace en affichant des bannières géantes sur le siège de Matter ou de Wolkswagen".
- L'aspect communautaire, qui permet une circulation de l'information accélérée et l'entraide
- L'éthique, qui se retrouve dans le Hacker Manifesto et des combats similaires, notamment sur la liberté de réfléchir, de dire et d'agir.
- La faculté de désobéissance civile, comme l'a souligné Nicolas Diaz, webmaster à la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH).
Et pourtant, la rencontre reste difficile. S'il est arrivé, exceptionnellement, à des hackers de tendre la main aux ONG (comme quand Anonymous avait volé de l'argent au profit d'ONG), l'inverse est aussi rare. Dans les deux cas, des blocages persistent.
Ce qui bloque du côté des ONG :
- La peur. Les hackers font l'objet d'une propagande politique et médiatique les assimilant à des pirates, des voleurs, des hors-la-loi, voire même des terroristes. Les hackers font peur. Et ce à cause de leur anonymat, du pouvoir dont ils disposent par leurs connaissances rares, et parce qu'ils paraissent incontrôlables. Et depuis peu, ils ont même l'outrecuidance de faire parler d'eux ! Face à eux, les ONG, qui se sont "convenabilisées" au fil du temps et sont devenues des acteurs "légitimes" de la démocratie et du débat public. S'associer avec des hackers risquerait de brouiller leur image.
- Le statut légal des ONG. Comme l'explique Clémence Lerondeau de Greenpeace, "quand on fait des actions illégales, on essaie de limiter les risques car nous sommes une organisation, nous sommes attaquables, nous pouvons nous retrouver devant les tribunaux et payer des amendes". Les groupes de hackers, eux, n'ont pas d'entité légale même s'ils peuvent , individuellement, faire l'objet de poursuites.
- La lourdeur des ONG. Kevin Clech, community manager à la Croix-Rouge, regrette de ne pas avoir assez d'interactions avec les hackers. "C'est lié à l'ADN de la Croix-Rouge, qui est parfois comme une vieille mamie, difficile à bouger". En cause : la professionnalisation de l'organisation, qui a fait disparaître la culture du bidouillage. "On a des pratiques très réglées, qui laissent peu de place à l'improvisation. Et les membres ne voient pas tout de suite l'application directe des nouvelles technologies.
Ce qui bloque du côté des hackers :
Okhin, "agent" du groupe de hackers Telecomix, a donné son point de vue sur la question, précisant qu'il ne parlait pas au nom des autres : "je ne sais pas comment font les hackers. Je ne sais que comment je fais moi". Pour lui, deux principaux problèmes freinent sa coopération avec les ONG.
- La bureaucratie. C'est "une lourdeur pachydermique, paralysante", là où Telecomix "n'a ni réunion, ni chef de projet. Quand on veut faire quelque chose, on le fait !". Certains projets, lancés avec des ONG, n'ont finalement jamais vu le jour à cause de la lenteur des procédures administratives. "Nous, quand on a une idée, on y va. On ne sait pas toujours où, mais on y va." Qui plus est, les hackers de Telecomix sont habitués à travailler d'individu à individu et non de groupe à groupe. "On ne travaille pas avec Médecins du Monde par exemple, parce que c'est trop gros", explique Okhin. "Mais on n'a pas besoin d'être une structure super lourde pour emmerder Bachar el-Assad !".
- L'opacité. Les ONG ont beau faire des efforts pour être les plus transparentes possible, cela n'est pas toujours suffisant. "En général nous ne sommes en contact qu'avec très peu de personnes. On ne sait pas comment l'organisation fonctionne, par qui elle est financée. Par exemple, une ONG veut travailler avec nous et accepte de nous prêter un serveur. Mais il faut qu'elle demande une subvention. D'accord, mais à qui ? A l'Europe... qui est actuellement en train de voter ACTA." Telecomix n'a pas à gérer, contrairement aux ONG, "toutes ces problématiques de financement et de légitimité".
Un rapprochement pas à pas
Malgré tous ces obstacles, les choses commencent doucement à bouger. A Greenpeace, "on en débat beaucoup, notamment des attaques Ddos", affirme Clémence Lerondeau. "Peut-être que dans quelques années, Greenpeace va évoluer. C'est en tout cas un débat très chaud actuellement au sein des bureaux."
Certaines antennes de l'ONG se sont en tout cas ralliées récemment au blackout visant à protester contre la loi SOPA.
L'ONG Avaaz a quant à elle transmis des kits de connexion aux révolutionnaires des pays arabes afin qu'ils puissent continuer à recevoir et transmettre des informations. Enfin, RSF coopère avec Telecomix, notamment pour dupliquer les sites de médias censurés par les dicatures.
L'ONG, ainsi que la FIDH, organisent également des formations avec Telecomix pour que les utilisateurs apprennent à connaître et à déconstruire les outils qu'ils utilisent. Pour Nicolas Diaz, de la FIDH, "le hacking, c'est l'utilisateur qui lutte contre l'opacité de ses outils. Il pourra ensuite, en les maîtrisant, les détourner pour la défense des droits humains."
Car le véritable enjeu est là. Pour ne pas être l'esclave des outils et de ceux qui les concoivent, il faut apprendre à les connaître, à les choisir, les déconstruire, les recréer, bref, les hacker. C'est la condition sine qua non à la liberté en ligne.
"Et là", prévient Nicolas Diaz, "nous sommes très loin de l'agence de communication qu'est Anonymous, nous faisons un véritable travail de terrain".
> Lire aussi le compte-rendu de la conférence par l'agence Limite
09:29
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02/01/2012
5 applications pour tenir ses bonnes résolutions solidaires
En ce début d'année 2012, il est fort probable que, plein de bonne volonté, vous ayez choisi quelques bonnes résolutions solidaires à tenir cette année. Mais d'ici quelques semaines, la motivation risque, comme chaque année, de fléchir... Il existe pourtant quelques applications pour mobile bien ficelées, souvent ludiques et sociales, très encourageantes pour tenir ses bonnes résolutions. En voici une petite sélection.
CONSOMMER ECOLO
Pour démasquer le greenwashing en direct pendant vos courses, téléchargez Ecocompare. Cette application note les produits en fonction de leur fabrication, de leur possibilité de recyclage et des efforts faits, en général, par son fabricant pour le rendre plus écolo. Armé de votre téléphone, vous pouvez scanner les codes-barre des produits qui vous intéressent pour obtenir et comparer leurs fiches. (Sur iPhone)
REYCLER SANS FLEMME
iRecycle vous signale tous les lieux autour de vous permettant de recycler de nombreux objets. Du verre aux piles, en passant par les automobiles, les déchets verts ou les produits électroniques, tout est fait pour vous faciliter la tâche. Il y a même un guide explicatif pour toutes sortes d'objets. (Sur Android et iPhone)
APPRENDRE LES GESTES QUI SAUVENT
"L'application qui sauve", lancée par la Croix-Rouge, enseigne les bases du secourisme, mais aussi les bonnes pratiques en cas de catastrophe. Elle permet aussi, en cas d'accident, de contacter un service d'urgence avec un système de géolocalisation. Il est aussi possible, bien évidemment, de passer par cette application pour faire un don à la Croix-Rouge. (Sur Android, iPhone et Nokia)
REDUIRE SON EMPREINTE CARBONE
Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement vient de sortir une application pour calculer notre empreinte carbone. En fonction de nos trajets en voiture, en avion ou en train, le "Calculateur carbone" nous indique quelle surface de plantations est nécessaire pour absorber la quantité de CO2 émise. Une manière de sensibiliser sur l'importance des différentes écosystèmes qui composent notre planète. L'application donne aussi une série de conseils simples pour réduire son empreinte carbone au quotidien. (Sur iPhone)
DONNER SON SANG FACILEMENT
L'application de l'Etablissement Français du Sang permet de connaître, grâce à la géolocalisation, l'endroit le plus proche où donner son sang, avec les informations pratiques associées comme les horaires ou l'itinéraire pour s'y rendre. On peut aussi y remplir à l'avance le questionnaire permettant de savoir si on est en mesure, ou non, de donner son sang. Ce qui évite de se déplacer pour rien... Plus d'excuse ! (Sur iPhone)
08:59
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12/12/2011
Va-t-on devoir respecter la convention de Genève... dans les jeux vidéo ?
C'est en tout cas ce que réclame la Croix-Rouge, inquiète des valeurs diffusées par certains jeux vidéo. Dans le monde virtuel, le respect du Droit International Humanitaire, régi par la convention de Genève, a rarement lieu d'être. On peut y massacrer les civils, les blessés, les prisonniers et parfois même torturer.
Ce qui donne l'impression aux défenseurs des Droits de l'Homme, comme la Croix-Rouge internationale, de parlementer dans le vide :
"Alors que nous travaillons dur pour promouvoir le Droit International Humanitaire (DIH) dans le monde, il y a environ 600 millions de joueurs qui sont en mesure de violer le DIH dans un monde virtuel."
Et ils ne s'en privent pas... Il est par exemple possible de torturer des terroristes dans Splinter Cell, ou de massacrer les passagers d'un aéroport dans Call of Duty, un des principaux jeux visés :
Pour éviter cela, la Croix-Rouge demande aux fabricants de ne plus concevoir de jeux vidéo susceptibles de violer, même virtuellement, le DIH. Si rien ne change dans les années à venir, elle se réserve le droit d'en appeler aux gouvernements pour légiférer.
Cette initiative de la Croix-Rouge nous ramène à l'éternel débat sur la dangerosité des jeux vidéo et leur influence sur le comportement de ses utilisateurs. Ne pas respecter le DIH en jouant à un jeu vidéo risque-t-il de nous rendre moins respectueux des droits de l'Homme ? Doit-on respecter la loi dans les jeux vidéo ? Auquel cas, adieu cultissimes GTA, Duke Nukem voire même les Sims...
Et quid du droit des auteurs à la liberté de création ? Le débat serait-il le même pour un film, pour un livre, une peinture ? Derrière le questionnement de la Croix-Rouge se profile aussi celui de la légitimité du jeu vidéo comme art. Et de sa puissance, sur nos esprits et notre société.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
19:00
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