16/05/2013

TED talk : comment les cours en ligne révolutionnent l'enseignement

Vous souhaitez suivre un cours de physique par un éminent professeur de Harvard ? Pas de problème ! Un clic et c'est parti. Même pas besoin d'ouvrir son portefeuille. Bienvenue dans l'univers des MOOC. Ces cours en ligne ouverts et massifs se multiplient sur la toile, et connaissent un succès retentissant. Des millions d'internautes de tous âges, issus des quatre coins du monde, suivent assidûment des cours de maths, de sociologie, d'informatique ou histoire sur leur ordinateur. Avec évaluations et parfois même diplômes à la clé.

Daphne Koller a confondé Coursera, une des plus importantes plateformes de cours en ligne. Dans cette conférence TED de 20 minutes, elle détaille le fonctionnement du site, son impact et surtout, les impressionnantes innovations pédagogiques qui en découlent.

"Nous pouvons collecter chaque clic, chaque travail soumis, tous les posts des dizaines de milliers d'étudiants sur le forum. Nous pouvons utiliser ces données pour comprendre des questions fondamentales comme : quelles sont les stratégies d'apprentissage efficaces et celles qui ne le sont pas ? Dans un cours précis, on peut se poser des questions comme : quelles sont les erreurs les plus communes et comment aider les étudiants à y remédier ?"

TED Global / Juin 2012

D'autres conférences TED tech & solidaires :
> L'open data au service de l'aide internationale
> L'artisanat technologique au service des plus pauvres
> L'humanitaire à l'heure du numérique

20/03/2013

SimCity, bientôt dans les salles de classe ?

Combien sommes-nous à nous être initiés à la politique, l'économie, l'architecture ou l'environnement grâce à SimCity ? Ce jeu vidéo culte, qui consiste à bâtir une ville, la gérer et la développer, évoque les grands enjeux de notre société : santé, éducation, pauvreté, environnement, énergie...

Pour promouvoir le potentiel pédagogique du jeu, Electronic Arts (EA) a lancé, à l'occasion de la sortie (mouvementée) de la nouvelle version du jeu, la plateforme SimCity EDU. Le concept : mettre à disposition des enseignants des cours basés sur le jeu et les programmes scolaires.

 

simcity.jpg

 

Cela fait des années que certains professeurs utilisent SimCity comme support pédagogique, mais il s'agissait, jusqu'ici, d'initiatives rares et isolées. Avec sa plateforme, EA souhaite mutualiser en Creative Commons les cours imaginés par les professeurs et entretenir une communauté afin de développer l'utilisation de SimCity dans les écoles.

Un cours sur l'énergie

Parmi les cours proposés, on trouve par exemple celui consacré au thème de l'énergie, à destination des écoles primaires. En cinq leçons, soit près de quatre heures de cours, les enfants découvriront les différentes sources d'énergie (pétrole, nucléaire, éolien, solaire...) et leur impact sur le développement de leur ville virtuelle.

Très détaillée, cette proposition de cours relie les enseignements du jeu à la vie réelle, en évoquant par exemple les sources d'énergie de la ville dans laquelle habitent les enfants. Ce cours est accompagné d'une quinzaine de documents pédagogiques, comme des fiches de vocabulaires à imprimer (PDF) ou une infographie sur la consommation d'énergie à l'échelle mondiale. Bref, un pack complet pour faciliter le travail des enseignants.

simcity2.jpg

Pour l'instant, SimCity EDU n'en est qu'à ses prémices : le jeu n'est sorti que le 7 mars et seuls cinq cours sont disponibles. Cette plateforme devrait prendre son véritable envol à l'automne, quand EA sortira une version du jeu spécialement conçue pour les écoles.

Mais réussira-t-il à convaincre les professeurs ? La sortie désastreuse du nouveau SimCity a refroidi une grande partie des fans, parmi lesquels de nombreux enseignants. On lui reproche, entre autres, d'imposer aux joueurs de se connecter sur internet. Une contrainte très lourde dans les écoles, où le débit laisse souvent à désirer. Si en plus de cela, les serveurs ne sont pas capables de tenir la charge, comme ce fut le cas au lancement, aucun professeur ne prendra le risque d'entamer un cours qu'il ne pourra peut-être pas assurer.

Mauvaise réputation

Aujourd'hui, une grande partie des enseignants intéressés par les nouvelles technologies renoncent à les utiliser en classe, car ils se trouvent régulièrement confrontés à de nombreux problèmes techniques : connexion trop lente, ordinateurs trop vieux, logiciels incompatibles... Un jeu comme SimCity, très lourd, très moderne, exigeant une connexion de qualité et dépendant - en plus - de serveurs extérieurs sera difficile à mettre en place dans de nombreux établissements.

Qui plus est, la politique très terre à terre d'EA, qui consiste à "épier" ses joueurs grâce à la connexion imposée, lui permettant de limiter le piratage mais aussi de récolter les données des joueurs n'a pas de quoi rassurer les professeurs. Elle rappelle sans détours qu'EA est une entreprise commerciale défendant ses intérêts financiers avant tout - quitte à se mettre toute la communauté des gamers à dos. Elle nous rappelle aussi que les belles intentions de SimCity EDU permettront aussi et surtout, en cas de succès, de multiplier les ventes. Auprès des écoles, dans un premier temps, mais aussi auprès de nos chères têtes blondes qui, on s'en doute, auront bien du mal à décrocher de SimCity une fois la sonnerie passée...

A lire également :
> SimCity intègre le réchauffement climatique
> Des jeux Facebook récoltent 360.000 dollars pour les enfants
> Le jeu Minecraft au service des bidonvilles

17/01/2013

Afrique : comment le mobile profite à l'éducation

Si l'Afrique manque de professeurs, elle ne manque pas de mobiles... Pour rendre accessible l'éducation au plus grand nombre et faire circuler facilement le savoir, de nombreuses initiatives s'appuient sur le téléphone portable. Des expérimentations bienvenues quand on sait que 10 millions d'élèves abandonnent, chaque année, l'école primaire en Afrique sub-saharienne. Que la plupart des enfants de quinze ans ne sont plus scolarisés. Qu'il manque des centaines de milliers de professeurs.

L'école n'est pas toujours accessible, parfois trop éloignée, parfois trop onéreuse, parfois jugée inutile par les parents, qui refusent d'y envoyer leurs enfants – surtout les filles. Quant à ceux qui peuvent s'y rendre, cela ne suffit pas toujours. Le matériel pédagogique est rare, parfois inexistant. Les professeurs manquent souvent de formation, d'outils et les élèves peuvent rarement travailler une fois rentrés chez eux.

Comment remédier à tous ces obstacles ? Le mobile pourrait apporter un élément de réponse. Accessible (la moitié de la population Africaine en possède), bon marché, disponible partout à toute heure du jour et de la nuit, aussi bien pour les filles que pour les garçons... L'apprentissage sur mobile est indépendant des contraintes de lieu, de temps, de genre et, dans une certaine mesure, d'argent. Le rapport e-learning Africa 2012 (PDF) lui attribue trois utilités :

  • Améliorer la qualité de l'éducation
  • Développer les compétences du XXIème siècle
  • Rendre accessible l'éducation dans les zones les plus reculées

Concrètement, à quoi ressemble le “m-learning” ? En voici quelques exemples.

1/ M-Prep : réussir au primaire
Fondé en 2011 par des enseignants kenyans, cette plateforme à but non-lucratif aide les élèves à obtenir le Kenya Certificate of Primary Education (KCPE), un diplôme déterminant pour la suite de leur parcours scolaire. Accessible sur internet ou par SMS, M-Prep propose des quizz de 18 questions sur différentes matières, comme les maths ou l'histoire. Ce contenu est réalisé en partenariat avec le ministère de l'Education kenyan, afin de coller au mieux au programme du KCPE. Objectif : compléter le travail effectué en classe et permettre aux élèves de s'entraîner et de progresser, y compris hors des murs de l'école. La plateforme propose aussi aux parents et aux enseignants de suivre en temps réel la progression des enfants, et de la comparer à celle des écoles voisines. Les fondateurs de M-prep espèrent ainsi motiver élèves, parents et professeurs à se surpasser. Actuellement, M-Prep accompagne plus de 4.000 élèves dans 84 écoles.

2/ Yoza : des livres pour tous
51% des foyers sud-africains ne possèdent aucun livre et seulement 7% des écoles disposent de bibliothèques (étude en PDF). Les livres sont chers, et rarement acheminés dans les zones rurales. Il est donc difficile pour les élèves de s'approprier la lecture hors de l'école. C'est pourquoi la fondation Shuttleworth a lancé Yoza Cellphone Stories, une application permettant de télécharger des livres sur son mobile. De Shakespeare à Maupassant en passant par des poèmes ou des récits contemporains, les utilisateurs ont l'embarras du choix. Et pour motiver la lecture, Yoza leur permet aussi de commenter les livres et d'échanger avec la communauté. En 18 mois d'existence, ces m-lecteurs ont dévoré 470.000 récits dans leur intégralité et publié pas moins de 47.000 commentaires.

3/ Momaths : les maths, version sociale
Pour se développer, un pays a besoin d'enfants éduqués... et si possible de futurs ingénieurs. C'est la raison pour laquelle Nokia a souhaité mettre l'accent sur les mathématiques en lancant l'application Momaths en Afrique du Sud, au Sénégal, au Nigéria et en Tanzanie. Elle propose de nombreuses fonctionnalités basées sur les programmes scolaires de plusieurs niveaux. Théorie, exercices, tutorat, entraînement aux examens... Le tout fonctionne notamment sur Mxit, un réseau social mobile à succès, ce qui encourage les utilisateurs à échanger entre eux et à se motiver mutuellement. En Afrique du Sud, Momaths a fait ses preuves auprès de 50.000 élèves dans 200 établissements, dont les résultats en maths sont supérieurs à ceux n'utilisant pas cet outil. Objectif pour 2013 : diffuser un programme à destination des enfants non-scolarisés et aux adultes.

Une population qui intéresse de plus en plus les concepteurs de programmes de m-learning. Comme Cell-ed, une application développée en Californie et qui vise les adultes analphabètes du monde entier et en particulier les femmes. En utilisant simultanément la voix et le SMS, Cell-ed espère enseigner les bases de l'écriture et de la lecture à ceux qui ont été privés d'éducation. Le projet va même plus loin en envisageant de récompenser ses utilisateurs, à chaque niveau accompli, avec des micro-paiements.

Article basé sur le mémoire d'Hélène Smertnik "The use of the mobile phone as a tool for development. Focus on the case of Kenya"

A lire également :
> Afrique : comment le mobile profite à la santé
> Développement : 75% de la population mondiale a accès à un mobile

10/10/2012

TED talk : l'artisanat technologique au service des plus pauvres

En France comme ailleurs, les nouvelles technologies offrent des avancées considérables à la société. En Occident, cela se traduit par la course au dernier smartphone ou autre pépite technologique. Mais qu'en est-il des pays en développement ? Pour ces populations, la question de l'accès à la technologie est autrement plus essentielle que dans les pays riches.

C'est pourquoi se développent un peu partout des petits ateliers de bidouillage et de réparation, un "artisanat technologique" permettant aux populations démunies d'accéder à certains outils. Le designer Vinay Venkatraman a décidé de s'en inspirer pour fabriquer, à partir de matériaux de récupération, des vidéoprojecteurs pour les écoles ou du matériel de santé.

"Si nous pouvons donner à au moins une fraction de la population l'accès à ces objets, cela modifiera le fonctionnement de l'économie de la santé publique, mais aussi du système en général. Pas seulement à un niveau de planification systématique, mais aussi dans ses bases même, de la base vers le sommet."

TEDxSummit / Avril 2012

Pour aller plus loin :
> Jerry, l'ordinateur en bidon pas bidon
> TED talk : l'humanitaire à l'heure du numérique

10/01/2012

Le meilleur de la tech solidaire - 10.01.12

Vu sur le web ces derniers jours, à droite et à gauche, ces infos tech et TIC éthiques... N'hésitez pas à m'envoyer des initiatives intéressantes quand vous en voyez passer !

Un million de joueurs solidaires sur FreeRice
En 2007, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a lancé un jeu vidéo en ligne, Freerice, permettant de donner du riz à des personnes dans le besoin. Les internautes devaient pour cela répondre à des questions de culture générale. A chaque bonne réponse, 10 grains de riz étaient versés au PAM, financés par la publicité présente sur le site. 100 milliards de grains de riz ont déjà été récoltés, permettant de nourrir 5 millions de personnes durant une journée.
> A lire sur le centre d'actualités de l'ONU

One laptop per child passe aux tablettes
L'initiative s'était fait connaître en 2005, en inventant un ordinateur portable à 100 $, destiné aux écoliers des pays en developpement. Après 2,5 millions d'unités vendues, One laptop per child passe désormais à la tablette. A 100 $ toujours, elle sera toutefois moins chère à produire, moins lourde et moins gourmande en énergie et pourra être rechargée grâce à une manivelle.
> A lire sur Mashable

Record de dons à Wikipedia
L'encyclopédie en ligne a récolté plus de 20 millions de dollars de dons en 2011, clôturant ainsi sa campagne la plus furctueuse depuis le lancement du site. En tout, plus d'un million de personnes ont mis la main au protefeuille pour soutenir la fondation Wikimedia, qui édite l'encyclopédie libre et gratuite.
> A lire sur Silicon
> Plus d'informations sur l'utilisation des dons, à lire sur Youphil

Occupy cherche à se doter d'un réseau social
Le mouvement #Occupy tente de lancer son propre réseau social afin de contourner Facebook et Twitter, jugés peu fiables puisqu'ils doivent collaborer avec les autorités américaines. Un nouveau réseau, Global Square, est donc en cours de création pour permettre aux indignés de se réunir et de s'organiser en ligne, alors que les campements se font démanteler. Et pour s'assurer que les membres du réseau soient dignes de confiance, il ne sera possible de s'inscrire que sur invitation.
> A lire sur 20 Minutes