19/04/2012

Daraja : le crowdsourcing au service de l'accès à l'eau

Lumière sur l'action de l'ONG Dajara, qui exploite le crowdsourcing pour en tirer le meilleur... A savoir l'accès à l'eau. Mais aussi l'empowerement des populations et la mise à disposition d'outils pour faciliter le travail des autorités.

Concrètement, Daraja permet aux Tanzaniens des zones rurales de signaler aux autorités, par SMS, les points d'eau qui ne fonctionnent plus. En Tanzanie, 46% sont hors d'usage, principalement dans les zones les plus reculées. Si 15% seulement étaient réparés, ils pourraient approvisionner un million de personnes.

Informations en temps réel

C'est là l'objectif de Daraja avec son système de crowdsourcing, qui consiste à exploiter des masses d'informations issues des citoyens. L'ONG a pour cela créé un numéro court auquel chaque personne peut indiquer, par SMS, l'état d'un point d'eau.

Daraja transmet ensuite ces données aux autorités locales et nationales, afin qu'elles agissent au plus vite. Celles-ci disposent alors d'informations précises en temps réel, qui leur permettent de mieux s'organiser pour réparer les points d'eau. Tous les éléments recueillis sont stockées dans une base de données, également mise à jour par les techniciens chargés de la réparation.

Les autorités sous pression

Toutes ces informations sont accessibles aux citoyens, aux autorités locales et nationales, mais aussi aux chercheurs... et aux médias. En partenariat avec des radios locales, Daraja se sert des renseignements reçus par SMS pour faire pression sur les autorités.

Par exemple, quand un citoyen signale un point d'eau hors d'usage et que rien n'est fait, l'ONG alerte les médias locaux, qui relaient l'information. Ce qui embarrasse les autorités locales et les incite à réagir.

Grâce à ce système, Daraja pousse les citoyens à devenir des vecteurs de changement, consolide leurs liens avec les autorités locales et renforce, grâce aux médias, le débat public sur la question de l'eau.

21/03/2012

Quatre QR codes insolites et solidaires

Les ONG rivalisent d'originalité pour récolter des dons. Depuis son invention, le QR code fait partie de leurs nouveaux outils, qu'elles utilisent parfois de façon... surprenante.

Le QR code SDF

Pour attirer l'attention sur le sort des sans-abri, l'association britannique Simon on the Streets a imprimé des QR codes sur des cartons. Elle les a ensuite disposés dans des rues, ajoutant des petits tas d'affaires semblant appartenir à des SDF.

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Quand les passants scannaient le code, ils étaient invités à faire un don à l'association. Cet hiver, plus de 1.400 livres ont été récoltées de cette manière.

Le Q'haircut

Difficile de rendre visible son QR code d'appel au don au milieu des multitudes d'affiches, souvent publicitaires, qui en proposent. Qu'à cela ne tienne, l'ONG OnexOne, qui se bat pour les droits des enfants, a trouvé un autre "panneau" pour faire connaître son action : la tête de ses militants.

 

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Les volontaires ont accepté de se faire couper les cheveux... en forme de QR code, qui permettait de faire un don à l'ONG.

Le cul R code

Pas sûr qu'au moment de sortir le préservatif, ses utilisateurs aient vraiment envie de scanner son QR code... Mais qu'importe, l'initiative est amusante. L'ONG Planned Parenthood of the Great Northwest est à l'origine de ces 55.000 préservatifs, distribués à des étudiants de la région de Washington. Une fois le code scanné, l'utilisateur est incité à enregistrer sa localisation sur le site WhereDidYouWearIt.com.

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Au final, une carte permet de voir où les participants ont utilisé un préservatif. "Il y a des rapports protégés, découvrez où", "soyez fiers de porter un préservatif !" sont quelques unes des phrases présentes sur le site, visant à banaliser et encourager cette pratique.

Le QR code glacé

La branche néerlandaise de WWF a eu la simple mais bonne idée "d'imprimer" un QR code sur une rivière gelée, en plein Amsterdam. Le message est clair : une sensibilisation au changement climatique, imagé avec la disparition du QR code au fil des jours et du réchauffement des températures. Le code renvoyait simplement vers la page de l'organisation.

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Ces initiatives sont certes originales, mais loin d'être très efficaces. L'utilisation des QR codes est encore peu répandue, et encore moins parmi les donateurs traditionnels, comme les femmes ou les personnes âgées. D'autres technologies sont déjà en cours de création pour remplacer les QR codes. Nul doute que les ONG sauront s'en emparer. Avec plus ou moins de sérieux.

21/01/2012

Le meilleur de la tech solidaire - 21.01.12

En vrac, pépites tech et éthiques glanées cette semaine sur le web.

Le don en ligne stagne en France
La deuxième étude annuelle sur le don en ligne, publiée par l'agence Limite, montre que les e-dons sont passés de 23% en 2010 à 21% en 2011. Une légère baisse attribuée au contexte économique actuel. L'étude montre aussi que, contrairement aux idées reçues, les seniors sont les premiers donateurs en ligne, avec les mères de famille.
> A lire sur Youphil

Un Tamagochi anti-OGM
La section chinoise de Greenpeace a lancé NoGeMo, un jeu pour iPhone type Tamagochi. Il faut nourrir l'animal pour le faire grandir, mais pas n'importe comment ! Le joueur doit choisir les aliments parmi 400 marques réelles répertoriées dans le jeu. Et si ce que vous lui donnez à manger contient des OGM, alors NoGeMo se fâche. Une façon de sensibiliser les Chinois aux produits qui les entourent et à la problématique des ONG, très présents dans ce pays.
> A lire sur Fast.Co.Exist

Comment les sans-abri se sont approprié le mobile
L'excellent blog de Rue89, Chez Francis, consacré aux SDF, explique avec de nombreux témoignages comment le télépone portable est devenu un outil indispensable aux sans-abri. Il permet de garder un lien avec sa famille, de se tenir informé en écoutant la radio, d'obtenir des informations qui nécessitaient, auparavant, de se déplacer longuement. Grâce au portable, il est aussi possible d'être contacté par des associations, de saisir des opportunités comme un job qui se libère.
> A lire Chez Francis

Le blocage de Megaupload, de vrais enjeux éthiques
Le FBI américain a bloqué le site de stockage de données Megaupload, qui permettait, entre autres, de télécharger illégalement des films et des séries. Le collectif de hackers Anonymous a vivement répliqué, en piratant de nombreux sites.
Le blocage, sans préavis et surtout sans aucun procès, pose de réelles questions éthiques. Qui a réellement la main mise sur les sites internet ? A qui appartient internet ? A quel moment le contenu d'un site devient-il censurable sans décision de justice ?
S'il paraît évident que certains contenus sont illégaux (téléchargement d'oeuvres payantes, pédophilie...), qu'en est-il d'autres types de contenus ? On peut se demander, par exemple, ce que risquent potentiellement des sites relayant les messages d'Anonymous ou encore les site du réseau #Occupy... A méditer.
> A lire, le point de vue de Jeremie Zimmermann, de la Quadrature du Net