12/02/2012

Social media week : un RDV solidaire par jour

La Social media week, qui décrypte les nouvelles tendances du web et ses enjeux, reprend ! Du 13 au 17 févirer, elle aura cette fois lieu dans 21 villes autour du monde, de New York à Sao Paulo en passant par Moscou, Beyrouth ou Hong Kong. Et Paris bien sûr, où une série de conférences passionnantes est organisée.

Tech Ethique, qui participera à celle de mercredi, en a sélectionné quelques unes sur le thème du web solidaire. La liste complète des conférences est ici.

LUNDI / Nouveaux militants et révolution numérique : quels changements et quels acteurs ?
"L’actualité récente a montré que l’engagement militant avait clairement évolué et était très différent du militantisme traditionnel. Le but de cette conférence sera donc de mettre en avant les mutations récentes engendrées en partie par la révolution numérique. Ce sujet permet d’aborder des questions très variées comme la transparence, le politique et le numérique aujourd’hui, l’hacktivisme, le secret, etc."
> Lundi 13 février, 17h-19h, à l'ARF, 282 bd Saint-Germain

MARDI / Détournement d'images et médias sociaux : la killer ap politique ?
"L’objectif de cette conférence sera d’interroger la pratique du "braconnage" d’images tel que défini par Michel de Certeau, c’est-à-dire la résistance civile par la réappropriation. Mèmes, caricatures, satire… des productions amateurs ou professionnelles qui procèdent d’une altération de symboles, depuis le portrait de personnage politique à l’image issue de la culture populaire. Quels sont les enjeux derrière cette mise en circulation sur le web d’images détournées ? Doit-on y voir un "empowerment" d’une frange de la population, connectée, sur les industries culturelles ou les gouvernements ?"
> Mardi 14 février, 19h-21h, à la Cantine, 151 rue Montmartre

MERCREDI / Hackers, hacktivistes et ONG : quelles interactions ?
"Les nouveaux modes de mobilisation en ligne, qui se caractérisent par une forte horizontalité dans les modalités d’organisation, offrent de nouvelles perspectives pour l’engagement citoyen, bousculent parfois les ONG dans leurs champs d’actions traditionnels, proposent des interactions plus ouvertes avec le grand public et poussent les organisations à la transparence alors qu’en parallèle ces nouveaux hacktivistes pèchent parfois en lisibilité, cohérence, efficacité, etc… Il s’agit donc de réfléchir aux interactions entre hackers et ONG ouvre des perspectives passionnantes qui s’avèrent être de plus en plus prégnantes."
> Mercredi 15 février, de 18h à 19h30, à Médecins du Monde, 62 rue Marcadet

JEUDI / "Networked nonprofit" : comment les réseaux sociaux transforment l'action associative
"Par 'networked nonprofit', Beth Kanter, spécialiste des ONG désigne un mouvement de fond qui affecte durablement le milieu associatif : plutôt que de rester des 'forteresses', les associations doivent s’ouvrir, dépasser la notion de membre et devenir des 'plateformes' permettant à chacun de participer à la cause défendue. Après une introduction à la notion de 'networked nonprofit', quatre associations viendront vous présenter leur stratégie web".
> Jeudi 16 février, de 16h à 18h, à la Cantine, 151 rue Montmartre

VENDREDI / Mobilisation et collecte sur les réseaux sociaux
Il s'agit cette fois d'un Tchat "consacré à l’usage des réseaux sociaux pour sensibiliser et collecter des dons pour financer les projets associatifs et culturels. Découvrez le retour d’expérience d’associations qui utilisent Facebook et Twitter pour mobiliser et adressez toutes vos questions sur les mécanismes de collecte peer to peer."
> Vendredi 17 février, de 16h à 17h, plus d'infos ici.

10/02/2012

Dernière initiative (décevante) de Super-Google

Google veut sauver le monde : ce n'est pas nouveau. Après avoir publié ses dons et obtenu la première place du classement de Greenpeace sur les entreprises high-tech les plus écolo, Google vient d'annoncer le lancement d'un nouveau service pour changer le monde. Solve for x, une sorte de forum vidéo où l'on tente de résoudre les grands problèmes de la planète.

Tout le monde peut proposer ses idées pour peu qu'elles remplissent trois critères :

  • S'attaquer à un "gros" problème
  • Proposer une solution "radicale"
  • Impliquer une innovation technologique

Le but affiché est de donner de la voix aux idées apparemment tordues, peu prises au sérieux, nichées "dans la zone grise, entre les projets audacieux et la science fiction", selon les termes de Google.

Un mauvais pastiche de TED

On y retrouve par exemple un ancien militaire qui a trouvé le moyen de désaliniser l'eau avec dix fois moins de ressources nécessaires qu'actuellement. Ou encore une chef d'entreprise qui affirme qu'il sera bientôt possible d'afficher les images que nous avons en tête.

Bref, des intervention en vidéo aussi fascinantes qu'enrichissantes, qui durent entre 10 et 20 minutes... Mais... Ca ne vous rappelle rien ? Si bien sûr : les conférences TED, qui excellent dans le registre du partage du savoir par vidéos interposées.

Seulement, Solve for x a encore du chemin à faire pour arriver à la cheville de TED : les vidéos sont uniquement en anglais, sans aucun sous-titre et la (non) mise en scène rend la chose relativement soporifique.

Quelle concrétisation ?

On est aussi un peu déçu que Google ne s'implique pas davantage dans les projets présentés. On propose un TED au rabais, certes, mais encore ? A part de la visibilité, les projets sélectionnés ne remportent ni bourse, ni échange de compétences, ni rien de vraiment concret pour faire avancer le schmilblick.

On en vient presque à préférer le projet marketing de Toyota Ideas for good, qui encourageait les internautes à trouver de nouvelles utilisations aux technologies de la marque, pouvant améliorer la société. Les gagnants voyaient ensuite leurs idées se concrétiser.

Les idées non-orthodoxes ont la cote

Seule originalité vraiment enthousiasmante de Solve for x : l'accent mis sur les initiatives originales, qui ne trouveraient peut-être pas d'écho ailleurs. Mais là encore, Google a été devancé. Et pas par n'importe qui... par la fondation Gates et son Grand Challenges in Global Health, un concours d'idées "non-orthodoxes" pour régler les grands problèmes sanitaires de la planète. A la clé, 100 millions de dollars pour les mettre en oeuvre. Parmi les projets "bizarres" soutenus, la recherche sur l'urine-tricity, une énergie durable à base d'urine.

On attend donc de voir ce que donnera, dans les mois à venir, Solve for x, et quels problèmes il contribuera, concrètement, à résoudre. Mais en attendant de trouver une solution aux grands problèmes connus du monde moderne, il semblerait que Google soit en train de créer ceux de l'avenir. En annonçant la fusion des données des utilisateurs de ses différents services, et en proposant de l'argent aux internautes contre le traçage de leurs actions en ligne, Google s'approprie chaque jour davantage notre vie privée. Et sa préservation s'annonce peut-être comme l'un des enjeux les plus importants de ce siècle.

17:47 Publié dans Entreprises tech | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google, forum, ted, video, solve for x | |  Facebook

08/02/2012

Les réseaux sociaux, vecteurs de changement social

Peut-on changer le monde avec les réseaux sociaux ? Ces derniers mois, le slacktivism (activisme mou), aussi qualifié de militantisme de canapé, a souvent été critiqué. Les internautes ont le clic impulsif quand il s'agit de signer une pétition en ligne, de relayer une cause sur Twitter ou de "liker" une marque en échange d'un don à une ONG. Mais quand il s'agit de quitter son ordinateur pour changer le monde "IRL"... il n'y a plus grand monde.

Alors, inutiles les réseaux sociaux ? Loin de là, selon le centre de recherche Netherlands Organization, qui vient de publier une étude (PDF) sur le sujet. S'il confirme que le passage à l'acte, hors écran, reste rare, il assure néanmoins que les réseaux sociaux, à leur échelle, peuvent transformer les mentalités.

Une arme contre le scepticisme

Prenons l'exemple de l'écologie. La plupart des citoyens sont pétris de bonnes intentions, mais pourtant, peu militent pour cette cause, ou modifient sérieusement leurs comportements dans ce sens. Cela peut venir d'un manque d'intérêt, de connaissance, ou simplement d'un certain scepticisme : "impossible que mon action, elle seule, puisse avoir le moindre impact".

Les réseaux sociaux peuvent permettre d'abattre ces barrières, selon cette étude. Les petites actions militantes, qui autrefois restaient dans l'anonymat, sans jamais connaître aucun écho, se voient soudain relayées à des centaines, voire des milliers de personnes.

Des causes deviennent "socialement acceptables"

Ce qui a pour avantage de multiplier la visibilité de ces combats, et aussi d'encourager d'autres personnes à y participer. Avec la masse de personnes relayant une information sur les réseaux, on ne se sent plus isolé, et on reçoit le message qu'une telle cause est "socialement acceptable", là où elle était considérée, auparavant, comme l'apanage de quelques marginaux.

Bien évidemment, conclut l'étude, retweeter un message de Greenpeace ne permettra pas de mettre fin au réchauffement climatique, et il sera toujours nécessaire de transformer ses idéaux en actions concrètes. Mais mises bout à bout, les petites initiatives relayées par les réseaux modifient notre rapport aux problématiques du changement social. Ce qui pourrait, pas à pas, faire évoluer nos comportements.

Et vous, que pensez-vous des conclusions de cette étude ?

07/02/2012

Le meilleur de la tech solidaire - 07.02.12

Un orphelinat reçoit 65.000$ grâce à Reddit
Reddit est un réseau social de partage de liens, où les internautes peuvent voter pour leurs contenus préférés. Celui proposé par TheLake a provoqué pas moins de 3.200 commentaires, 42.500 votes et... 65.000$ de dons. Et pour cause. L'histoire qu'il raconte est celle d'Omari, frappé au visage par une machette alors qu'il défendait un petit orphelinat au Kenya.
En conclusion, TheLake demande aux utilisateurs de Reddit de donner 2.000$ à l'orphelinat pour renforcer ses bâtiments afin que personne ne puisse plus s'y introduire. L'histoire a fait le tour du réseau et récolté bien plus que prévu. En remerciement, Omari et les enfants ont publié en ligne quelques photos d'eux.
> A lire sur le Huffington Post

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Apple cherche à se donner une image philanthrope
Alors que les grandes entreprises de la Silicon Valley, à commencer par Microsoft, ont inscrit la responsabilité sociale dans leur politique, Apple a toujours fait office de vilain petit canard... Une image que Tim Cook, le nouveau PDG de la firme, compte transformer.
Après avoir rendu publiques les conditions de fabrication, pas toujours glorieuses, des produits Apple, il a récemment affirmé, lors d'une réunion privée, que l'entreprise avait donné 100 millions de dollars à des oeuvres charitables. Elle aurait notamment donné 50 millions à des hôpitaux, et la même somme à l'initiative RED, qui lutte contre le sida.
> A lire sur The Verge

Mieux que la Sécu, les réseaux sociaux !
Le Courrier International traduit un excellent article du New York Times, sur la façon dont les réseaux sociaux aident - parfois - les Américains en difficulté à se soigner. Sur Twitter ou Facebook, les appels aux dons se multiplient et certains connaissent un certain succès. Des sites spécialisés dans l'appel aux dons pour des soins médicaux commencent même à émerger.
> A lire sur le Courrier International

02/02/2012

Orange s'allie à Wikipedia pour les pays en développement

Un milliard de personnes dans le monde se connectent sur internet via leur téléphone, et non par le biais d'un ordinateur. C'est notamment le cas dans les pays en développement, où le taux d'équipement mobile est important. Toutefois, la connexion à internet - et donc un certain accès au savoir - reste toujours onéreuse.

Pour contourner, à leur échelle, ces difficultés, Orange et la fondation Wikimedia, qui édite Wikipedia, ont signé un accord. Dans le courant de l'année, les clients Orange de 20 pays d'Afrique et du Moyen-Orient pourront accéder gratuitement aux contenus de Wikipedia.

Connexion gratuite

Cela sera possible pour les personnes détenant une carte sim Orange et un téléphone capable de naviguer sur internet. L'opérateur développera une application spécifique pour utiliser Wikipedia et ne fera payer aucun frais de connexion quand ses clients consulteront l'encyclopédie en ligne.

Une bonne affaire pour Orange qui, en plus d'améliorer son image dans les pays occidentaux, devrait renforcer ainsi sa position dans les pays en développement. Comme l'explique Yann Kandelman, responsable des partenariats chez Orange, dans une vidéo de l'opérateur : "En Afrique, une grande majorité de nos clients utilisent des cartes prépayées et ont plusieurs cartes sims de différents opérateurs. Avec ce partenariat, nous augmentons la valeur des cartes sim Orange et nous contribuons à faire d'Orange leur marque préférée."

Diversifier les contributeurs

Pour Wikipédia, ce partenariat est bien entendu une manière d'accroître son audience, mais surtout de se développer dans les pays pauvres. Il s'agit d'une des priorités de la fondation Wikimedia, qui souhaite notamment améliorer son interface mobile pour être plus accessible dans ces régions. La fondation souhaite aussi diversifier les contributions, majoritairement issues des pays occidentaux. Il est encore assez laborieux, sur mobile, d'enrichir des articles, mais cela devrait changer dans les mois à venir.

En attendant, Wikimedia a été nommée ONG la plus performante selon la revue suisse Global Journal. Les organisations ont été évaluées selon cinq critères : leur transparence, leur impact, leur sens de l'innovation, leur efficacité et leur durabilité. Suivent notamment Oxfam, Care International et Médecins sans Frontières.

30/01/2012

Une minute de silence numérique

Il y a peu sont apparues sur internet, sans aucune explication, plusieurs vidéos de ce type :

Le mystère a fini par être levé. Ces multitudes de minutes de silence par webcam font partie d'une opération de communication de l'ONG Solidarités International. Son objectif : sensibiliser l'opinion sur l'importance de l'eau potable, à quelques semaines du Forum mondial de l'eau. Chaque minute de silence est un hommage rendu aux victimes de l'eau non-potable.

L'ONG appelle chaque internaute à participer lui aussi, en lui envoyant sa minute de silence numérique et en la partageant sur les réseaux sociaux. 340 minutes ont déjà été enregistrées et plus de 100.000 signatures apposées sur la pétition de Solidarités International.

Du marketing viral un peu daté

Un bel exemple de marketing viral, qui consiste à susciter la curiosité de l'internaute, afin qu'il partage la vidéo dans ses réseaux. Le véritable message est ensuite dévoilé et le potentiel de communication décuplé. Néanmoins, le procédé commence à sérieusement dater, et les internautes repèrent de plus en plus aisément les vidéos derrière lesquelles se cache un message publicitaire.

Le risque est donc important de lancer des opérations marketing contre-productives. Sur internet, les innovations sont vite périmées et peuvent rapidement devenir carrément ringardes, à l'instar des lipdubs, copiés à l'infini et rarement réussis...

Ce n'est pas le cas avec la campagne de Solidarités International, plutôt bien réalisée, même si le buzz est resté modeste. Mais les internautes risquent de se lasser et la banalité reste l'ennemi d'une communication efficace.