08/10/2012

Quand les internautes se liguent contre la corruption

La Russie est un des pays les plus corrompus au monde, selon l'index de Transparency International, qui la place au 39ème rang sur 182. Une pratique qui empoisonne le quotidien de la population, jusqu'ici impuissante face aux exigences de pots de vin de l'administration, de la police ou encore des médecins. Les autorités, elles, font la sourde oreille - quand elles ne participent pas activement à ce système.

C'est de ce constat qu'est né il y a quelques jours le site Bribr. Son objectif : rassembler sur une carte interactive des témoignages anonymes sur la corruption, afin d'établir un état des lieux du phénomène, et d'appuyer les arguments des militants anti-corruption.

21.2000 témoignages

Cette initiative s'inspire largement du site indien I Paid a Bribe ("j'ai payé un pot-de-vin"), lancé par l'ONG Janaagraha en 2010. Chaque victime peut y signaler des faits de corruption en remplissant plusieurs champs comme la ville, la date, le montant payé et le métier de la personne lui ayant extorqué de l'argent.

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En deux ans, plus de 21.200 témoignages ont été recensés dans 488 villes indiennes. "Auparavant, nous considérions la corruption comme un énorme phénomène face auquel les citoyens ordinaires ne pouvaient rien faire", explique Ben Elers, de Transparency International, au New York Times. "Dorénavant, les gens disposent de nouveaux outils pour identifier la corruption et exiger un changement". un bel exemple d'empowerement de la population par le crowdmapping.

Quant aux ONG comme Janaagraha, elles peuvent désormais utiliser des données concrètes sur la corruption, ce qui facilite leurs démarches et donne davantage de poids à leurs revendications. I Paid a Bribe s'est depuis développé au Pakistan, au Kenya, au Zimbabwe et en Grèce, et devrait bientôt s'établir en Mongolie et aux Philippines.

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