30/12/2011

Le meilleur de la tech solidaire - 30.12.11

Quelques infos tech et solidaires glanées sur le web ces derniers jours.

LES ONG veulent rembourser l'argent piraté par Anonymous

Le collectif de hackers Anonymous s'en est pris récemment à l'entreprise de sécurité américaine Strategic Forecasting. En piratant ses données, Anonymous a volé les informations bancaires de ses clients et en a profité pour donner une partie de leur argent à des ONG comme Care, Save the Children ou encore la Croix Rouge. Plusieurs de ces organisations ont promis de rembourser les donateurs involontaires.
> A lire sur Philanthropy News Digest

#XmasAtHome

Noël n'est pas un moment joyeux pour tout le monde. C'est autour de quelques témoignages allant dans ce sens sur Twitter qu'est né, quelques jours avant Noël, le fil de discussion #XmasAtHome. Ce sujet est devenu rapidement l'un des plus populaires du réseau social, notamment en Angleterre et en Australie, où chacun pouvait échanger sur son expérience ou transmettre des mots de réconfort. Certains ont même proposé d'inviter des inconnus de Twitter à partager leur réveillon. Un semblant de lien social pour rendre la période de Noël moins difficile.
> A lire sur The Sydney Morning Herald

Donner directement aux familles dans le besoin

Le site GiveLocally permet aux Américains de venir en aide à des familles en difficulté. Sur ce site, à l'allure encore artisanale, on peut découvrir l'histoire de plusieurs familles, accompagnées de photos et d'informations sur ce dont elles manquent. A Palo Alto par exemple, Janice H. a dû récupérer la garde de ses deux petits enfants, qui souffrent de problèmes de santé. Elle a besoin de 4.000 $ pour payer, entre autres, les frais médicaux. Les internautes lui ont déjà donné 1.500 $. Chaque histoire publiée est minutieusement vérifiée par l'équipe de GiveLocally, qui récupère 18% des dons. Le site est une entreprise à but lucratif assumé, mais au bout d'un an d'existence, le succès est encore relatif avec 850 dons en tout pour environ 200 familles.
> A lire sur USA Today

Un Groupon de la solidarité

The Mutual est un site de bons plans ressemblant à Groupon, basé sur un système de dons à des organisations caritatives. Pour accéder aux offres, il faut payer une inscription de 10 $ par mois, dont 8 $ sont reversés à des ONG. L'internaute a ensuite accès à une série de bons plans, comme des bons de réduction au restaurant ou un rendez-vous gratuit d'une demi-heure avec un designer.
> A lire sur Fast Co.Exist

Des vidéos maison pour la bonne cause

Le Project for Awesome incitait les internautes à fabriquer une vidéo pour encourager leurs amis à donner à des ONG. L'objectif : atteindre 65.000 $ de dons en deux jours, les 17 et 18 décembre. Ce fut un succès, puisque plus de 71.000 $ ont finalement été récoltés. Les internautes devaient aussi voter pour leur cause préférée. Les cinq les plus populaires obtiendront chacune 20% de la somme récoltée.
> A lire sur le Huffington Post

26/12/2011

Téléchargement légal et philanthropie : un joli conte de Noël

C'est l'histoire d'un comique américain, Louis C.K., qui a décidé que le film de son dernier spectacle ne serait disponible que sur internet. Lassé des boîtes de production et des circuits de distribution classiques, qui vendent les DVD très cher et qui ne reversent qu'une minsucule partie à l'artiste, il a décidé d'auto-financer son projet et de le diffuser uniquement sur le web, en téléchargement payant. 5 dollars, contre les 20 qu'aurait coûté un DVD classique.

Un défi de taille, d'autant plus qu'il a refusé de "protéger" le fichier, d'y inclure des restrictions évitant la copie ou le partage. Car cela rend souvent l'usage de ce type de vidéo extrêmement contraignant pour les acheteurs. La vidéo est donc très facilement piratable. Dans ce cas, qui accepterait de payer pour la voir ?

Sur son site, Louis C.K. a laissé un message très simple aux internautes à ce sujet. "S'il vous plaît, gardez en tête que je ne suis pas une grosse entreprise. Je suis juste un mec normal. J'ai produit cette vidéo et l'ai diffusée avec mon propre argent. [...] Je ne peux pas vous empêcher de la télécharger en torrent ; tout ce que je peux faire est de vous demander gentiment de payer cinq petits dollars, d'apprécier la vidéo et de faire en sorte que d'autres l'apprécient de la même façon".

Naïf ? Pas vraiment... Le 13 décembre, après quatre jours de mise en ligne,  la vidéo avait été téléchargée, légalement, 110.000 fois. Au bout de douze jours, Louis C.K. avait récolté plus d'un million de dollars, bien plus que ce qu'il espérait. Dans un billet de blog stupéfait, il explique ce qu'il compte faire de cet argent.

- Le premier quart couvrira les frais de production
- Le second quart sera distribué aux personnes ayant participé au spectacle, comme "un bon gros bonus"
- Le troisième sera pour lui (ça a le mérite d'être honnête !)
- Le quatrière, en revanche, sera donné à cinq ONG : The Fistula Foundation, The Pablove Foundation, Charity:water, Kiva et Green Chimneys.

Un système gagnant-gagnant-gagnant : le producteur gagne plus d'argent qu'avec un circuit classique, le consommateur paie moins cher pour le même produit et au final, même les associations caritatives en bénéficient.

Un joli conte de Noël... Voici la bande-annonce de la vidéo, s'il vous venait l'envie de participer à cette belle histoire. En anglais (dommage !).

09:41 Publié dans Téléchargement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vod, téléchargement | |  Facebook

22/12/2011

Facebook, la vierge et l'ONG

Un clic sur Facebook = une larme pour la vierge Marie. C'est l'idée originale de l'ONG allemande Jugend Gegen Aids pour dénoncer la position de l'Eglise sur le préservatif. Elle a fabriqué une statuette de la vierge qui verse une larme chaque fois qu'un internaute "like" la page Facebook de l'organisation.

La vierge est posée à l'intérieur d'un bocal qui, larme après larme, se remplit jusqu'à, bientôt, submerger la statuette. Une manière symbolique de mettre la pression sur l'Eglise. Les internautes peuvent observer le niveau de l'eau en direct sur la page Facebook de l'organisation, qui a déjà recueilli plus de 9600 mentions "like".

Le cumul des larmes est déjà en train d'atteindre dangereusement les épaules de la vierge Marie... A défaut de convaincre le pape de changer de position, l'opération aura au moins été un joli coup de com' pour Jugend Gegen Aids.

11:53 Publié dans Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : facebook, religion, sida | |  Facebook

21/12/2011

En Inde, une application anti-viol

"Fight back", tel est le nom de cette nouvelle application pour Androïd et Blackberry qui vient de voir le jour à New Delhi. Dans la capitale indienne, les viols sont fréquents (un toutes les 18 heures, selon les informations du Hindustan Times) et leur augmentation inquiète les Indiennes.

Pour lutter contre ce phénomène, l'association WhyPoll vient de lancer une application permettant aux femmes d'alerter leurs proches ou la police en cas d'agression. "Figh back" peut envoyer un SMS de détresse à cinq numéros de téléphones et le publier simultanément sur Facebook, tout en géolocalisant son émetteur.

WhyPoll recueille déjà des données sur les agressions sexuelles à New Delhi et en a même tiré une carte interactive, qui sera complétée en temps réel par les SOS lancés via "Fight Back". Ces informations serviront ensuite à repérer les zones jugées à risques, afin que l'association y concentre ses efforts de prévention.

View Delhi unsafe places in a larger map

Que pensez-vous de ce type d'application ?

11:36 Publié dans applications | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : application, smartphone, femmes, viol | |  Facebook

18/12/2011

Greenpeace s'allie avec Facebook

L'annonce a de quoi surprendre. Facebook et Greenpeace étaient, jusqu'ici, loin d'être de bons amis. L'ONG s'était attaquée au réseau social il a plus d'un an, lui reprochant d'utiliser de l'énergie issue du charbon. Une campagne qui avait fait le tour de la planète, notamment grâce à... Facebook, où Greenpeace avait réussi à obtenir des centaines de milliers de soutiens pour cette cause.

Depuis, Facebook et Greenpeace ont fait la paix et viennent d'annoncer leur partenariat dans un communiqué commun (PDF). L'entreprise américaine s'engage à devenir plus verte, avec l'aide de l'ONG. Facebook devra notamment faire en sorte que ses fournisseurs d'énergie soient plus propres et de s'équiper de façon plus durable.

De son côté, Greenpeace s'engage à rejoindre l'Open Compute project, lancé il y a quelques mois par Facebook. Le concept : réinventer les centres de données afin qu'ils consomment moins d'énergie. Les découvertes de ce centre de recherche seront ouvertes à tous. Greenpeace aura pour rôle d'inciter d'autres entreprises à rejoindre le projet.

Une belle prise pour Facebook, très critiquée par les défenseurs de la protection des données privées, qui cherche à redorer son image depuis quelques mois. Il y a un an, Mark Zuckerberg s'était soudainement mis à la philanthropie, en donnant 100 millions de dollars à des écoles publiques. Il a aussi promis de donner au moins la moitié de sa fortune à des oeuvres de charité, dans le cadre du Giving Pledge, lancé par Bill Gates et Warren Buffet.

14:52 Publié dans Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : facebook, greenpeace, environnement | |  Facebook

15/12/2011

A qui donne Google ?

L'entreprise américaine, qui dispose d'une branche philanthropique intitulée Google.org, vient d'annoncer les trois causes qu'elle avait choisi de privilégier cette année :

- L'éducation des filles
- La lutte contre l'esclavage
- L'enseignement des sciences et technologies

Pour la période des fêtes, Google a annoncé 40 millions de dollars de dons pour ces trois causes, qui s'ajoutent aux 75 millions déjà alloués à de nombreuses ONG au fil de l'année. Ces bourses vont, entre autres, servir à financer l'Afghan Institute of learning, l'International Justice Mission ou encore le Computer History Museum.

En tout, les bourses de Google s'élèvent à 115 millions de dollars en 2011, ce qui peut paraître bien faible face aux 29 milliards de dollars de son chiffre d'affaires en 2010. Mais l'entreprise s'en défend en assurant qu'en tout, ses dons s'élèvent à un milliard de dollars cette année, mais sous d'autres formes.

Comme le programme Google Apps for Education, qui offre des outils informatiques aux écoles ou encore Google Grants, qui permet à des organisations à but non-lucratif de faire de la publicité gratuitement sur Google. L'entreprise "prête" également ses salariés qui le veulent à des associations : en tout, plus de 40.000 heures de travail ont été offertes.

Et pour finir de s'auto-congratuler, Google a confectionné une petite vidéo résumant ses actions philanthropiques :

14:19 Publié dans Don en ligne | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google, philanthropie | |  Facebook

14/12/2011

#HelpGloria, @from_nothing : Twitter, la solidarité en direct

Tout a commencé par ce tweet, publié lundi soir :

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Gloria vient de se faire mettre à la porte par l'amie qui l'hébergeait. Il y a deux mois, elle a rejoint Paris où elle a trouvé un emploi en CDI. Mais pas de logement. Elle n'a qu'un SMIC, et cela ne suffit pas. Elle raconte alors sa situation sur Twitter. En quelques minutes, son histoire fait le tour de la twittosphère française.

@Dugomo, suivi par près de 3.000 personnes, publie un billet sur son blog, fortement relayé. En 24 heures, des centaines de tweets, estampillés #HelpGloria, incitent les internautes à lui trouver une solution pour passer la nuit.

Les réponses pleuvent. Des dizaines de personnes, que Gloria ne connaît pas, lui proposent de passer la nuit chez eux. "J'ai eu 50, 100 propositions... Je ne sais pas, je n'arrive plus à compter, je suis complètement dépassée", m'a-t-elle confié. La nuit dernière, elle n'a donc pas eu à dormir dans sa voiture. Elle a trouvé une solution jusqu'à vendredi, grâce aux réseaux sociaux. Elle sait qu'elle sera la bienvenue dans d'autres logements pour les jours suivants. "Mais ce n'est qu'une solution temporaire", rappelle celle dont les propriétaires ne veulent pas et qui travaille pourtant, ironie du sort, chez Century XXI...

LE MINISTRE S'EN MÊLE

Son employeur a découvert sa situation avec Twitter, et tente de trouver une solution. "Mais il n'a rien en portefeuille pour le moment et puis au final, c'est le propriétaire qui décide, pas l'agence". Enfin, hier soir, quelqu'un d'autre s'en est mêlé... Et il ne s'agit pas moins que de Benoist Apparu, ministre du Logement, qui lui demande de le contacter en message privé:

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"Il m'a demandé de lui écrire un mail pour lui expliquer ma situation, ce que j'ai fait bien sûr. Je n'ai pas encore eu de nouvelles", explique Gloria, encore toute retournée par l'ampleur inattendue qu'ont pris les choses. "Je ne réalise pas. D'habitude, quand je tweete, j'ai quelques réponses seulement... C'est énorme ce qui se passe, ça fait tellement de bien, même moralement."

Une preuve que la solidarité en ligne ne se limite pas à un militantisme de fauteuil, abstrait, dénué de toute action concrète. De l'autre côté de l'Atlantique, @from_nothing en a fait l'expérience l'hiver dernier, quand il s'est soudainement retrouvé à la rue. Dans ses poches, une carte Starbucks, sur laquelle il lui reste un peu de crédit. En plus du café, il peut bénéficier de la chaleur du lieu, de sa sécurité et du wifi gratuit, qui lui permet de tweeter son quotidien.

DES GANTS POUR LES SANS-ABRIS

Mais sa carte se vide peu à peu et il demande à ses followers s'ils connaissent un autre lieu chaud et sécurisé où il puisse passer ses matinées gelées. S'ils ne trouvent pas de réponse, plusieurs lui envoient de nouvelles cartes Starbucks créditées. Il peut donc continuer à passer du temps dans l'enseigne et à tweeter. Il fait la liste de ce dont les autres sans-abris qu'il côtoie ont besoin : des gants, des bottes chaudes, des lunettes... Et les internautes qui le peuvent les lui transmettent.

Un potentiel mobilisateur de Twitter qui, ces dernières heures l'ont prouvé, peut aussi fonctionner à la petite échelle de la France. Une puissance d'autant plus importante qu'elle commence à être reconnue par certains décisionnaires. En réagissant si rapidement, Century XXI a évité de peu le bad-buzz à la Cora, qui aurait pu lui être très préjudiciable. Tout comme Benoist Apparu, déjà assez malmené par les utilisateurs de Twitter en recherche d'un logement parisien, rassemblés autour du hashtag #ImmoParis.

Même si tout ce tintamarre lui sauve la mise pour quelques jours, Gloria se sent aussi très mal à l'aise. "Maintenant j'aimerais bien que ça s'arrête, et qu'on passe à quelqu'un d'autre, que cette mobilisation puisse servir à ceux qui sont dans la même situation." Et il y en a.

Edit 15 décembre : cet article a été traduit en anglais et publié sur le blog de @from_nothing

11:55 Publié dans Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : twitter, solidarité, logement, sans-abri | |  Facebook

12/12/2011

Va-t-on devoir respecter la convention de Genève... dans les jeux vidéo ?

C'est en tout cas ce que réclame la Croix-Rouge, inquiète des valeurs diffusées par certains jeux vidéo. Dans le monde virtuel, le respect du Droit International Humanitaire, régi par la convention de Genève, a rarement lieu d'être. On peut y massacrer les civils, les blessés, les prisonniers et parfois même torturer.

Ce qui donne l'impression aux défenseurs des Droits de l'Homme, comme la Croix-Rouge internationale, de parlementer dans le vide :

"Alors que nous travaillons dur pour promouvoir le Droit International Humanitaire (DIH) dans le monde, il y a environ 600 millions de joueurs qui sont en mesure de violer le DIH dans un monde virtuel."

Et ils ne s'en privent pas... Il est par exemple possible de torturer des terroristes dans Splinter Cell, ou de massacrer les passagers d'un aéroport dans Call of Duty, un des principaux jeux visés :

 

Pour éviter cela, la Croix-Rouge demande aux fabricants de ne plus concevoir de jeux vidéo susceptibles de violer, même virtuellement, le DIH. Si rien ne change dans les années à venir, elle se réserve le droit d'en appeler aux gouvernements pour légiférer.

Cette initiative de la Croix-Rouge nous ramène à l'éternel débat sur la dangerosité des jeux vidéo et leur influence sur le comportement de ses utilisateurs. Ne pas respecter le DIH en jouant à un jeu vidéo risque-t-il de nous rendre moins respectueux des droits de l'Homme ? Doit-on respecter la loi dans les jeux vidéo ? Auquel cas, adieu cultissimes GTA, Duke Nukem voire même les Sims...

Et quid du droit des auteurs à la liberté de création ? Le débat serait-il le même pour un film, pour un livre, une peinture ? Derrière le questionnement de la Croix-Rouge se profile aussi celui de la légitimité du jeu vidéo comme art. Et de sa puissance, sur nos esprits et notre société.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

19:00 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeux video, croix-rouge, droits de l'homme | |  Facebook

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